Santé mentale au travail en Suisse : des signaux d’alerte clairs qui appellent à des actions concrètes

Sante mentale au travail en entreprise suisse

La Suisse demeure l’un des pays où la satisfaction professionnelle est la plus élevée d’Europe. Pourtant, derrière cette réalité globalement positive, plusieurs indicateurs montrent une progression préoccupante du stress, de l’épuisement émotionnel et des difficultés à déconnecter du travail.

Les résultats du Baromètre Conditions de travail 2025, publié par Travail.Suisse en collaboration avec la Haute école spécialisée bernoise (BFH), mettent en lumière une tendance qui ne peut plus être ignorée : les collaborateurs restent motivés, mais leur santé psychique est de plus en plus sollicitée. Basée sur un échantillon représentatif de 1 422 travailleuses et travailleurs, cette étude constitue aujourd’hui l’une des références les plus complètes sur la qualité de vie au travail en Suisse.

Une satisfaction au travail toujours élevée, mais plus fragile

Premier constat encourageant : 82,6 % des personnes interrogées se déclarent satisfaites de leur emploi. Cette stabilité démontre que les entreprises suisses continuent à offrir des environnements professionnels globalement attractifs.

Cependant, cette satisfaction coexiste désormais avec une montée constante des facteurs de risque psychosociaux. Les salariés apprécient leur travail, mais éprouvent davantage de difficultés à préserver leur énergie, leur santé mentale et leur équilibre de vie.

Cette réalité illustre une évolution profonde du monde professionnel : les collaborateurs ne recherchent plus uniquement un emploi intéressant ou bien rémunéré. Ils attendent également des conditions de travail qui leur permettent de rester durablement performants sans compromettre leur santé.

Les chiffres qui doivent interpeller les employeurs

Le baromètre révèle plusieurs indicateurs particulièrement significatifs :

  • 41,1 % des personnes interrogées se sentent régulièrement épuisées émotionnellement à la fin de leur journée de travail.
  • 42,4 % déclarent être souvent ou très souvent stressées.
  • 27,8 % indiquent devoir rester joignables en dehors des horaires habituels.
  • 32,5 % estiment ne pas disposer d’un temps de récupération suffisant durant la semaine.
  • Près d’une personne sur cinq considère qu’il est presque impossible de concilier vie professionnelle et vie privée.

Parallèlement, la moitié des salariés effectue régulièrement des heures supplémentaires et près d’un quart travaille fréquemment plus de dix heures par jour. Cette intensification du travail contribue directement à la fatigue mentale observée dans l’étude.

L’indice global de qualité du travail recule ainsi légèrement, passant de 67,7 points à 67 points en un an, principalement en raison de la détérioration des indicateurs liés à la santé.

Pourquoi ces résultats concernent toutes les entreprises

Ces chiffres ne concernent pas uniquement les grandes organisations ou certains secteurs sous tension.

L’épuisement professionnel ne résulte pas toujours d’événements exceptionnels. Il s’installe souvent progressivement à travers une accumulation de facteurs :

  • surcharge de travail chronique ;
  • manque de reconnaissance ;
  • interruptions permanentes ;
  • multiplication des outils numériques ;
  • difficultés à déconnecter ;
  • absence de feedback ou de visibilité sur les priorités.

Lorsque ces éléments persistent, ils peuvent entraîner une baisse de l’engagement, une augmentation de l’absentéisme, une dégradation du climat social et une perte de performance collective.

Plusieurs études menées par le SECO montrent également que les risques psychosociaux figurent désormais parmi les principaux enjeux de santé au travail en Suisse.

La reconnaissance : un levier souvent sous-estimé

L’un des enseignements récurrents des enquêtes sur la qualité de vie au travail est l’importance de la reconnaissance.

Les collaborateurs souhaitent être écoutés, considérés et impliqués dans les décisions qui affectent leur quotidien. La reconnaissance ne se limite pas aux augmentations salariales. Elle passe aussi par :

  • un feedback régulier ;
  • une communication transparente ;
  • une clarification des attentes ;
  • une valorisation des réussites ;
  • des perspectives de développement.

Dans de nombreuses organisations, ces actions simples produisent des effets rapides et mesurables sur l’engagement et la motivation des équipes.

RSE, QVCT et prévention des risques psychosociaux : des démarches complémentaires

La plupart des entreprises suisses ont déjà engagé des actions en faveur du bien-être au travail.

Programmes RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), initiatives de qualité de vie et conditions de travail (QVCT), enquêtes d’engagement, télétravail, management participatif ou dispositifs de soutien psychologique constituent aujourd’hui des pratiques largement répandues.

Le défi n’est donc plus uniquement de lancer de nouvelles initiatives, mais d’assurer leur cohérence et leur efficacité sur le terrain.

Les résultats du Baromètre 2025 rappellent qu’une politique RH performante repose avant tout sur des actions concrètes, visibles et directement perceptibles par les collaborateurs.

Le rôle croissant des responsables HRSE dans la prévention des risques psychosociaux

Au sein des organisations suisses, les fonctions RH évoluent progressivement vers des rôles plus larges intégrant les dimensions humaines, sociales et environnementales de la performance. Les responsables HRSE (Human Resources & Social Responsibility Executive), ou les professionnels RH en charge des démarches RSE, occupent aujourd’hui une position stratégique dans la prévention des risques psychosociaux et l’amélioration de la qualité de vie au travail.

Leur mission ne se limite plus à la gestion administrative ou au recrutement. Ils agissent comme des facilitateurs du dialogue social et des coordinateurs des actions de prévention. Concrètement, ils mettent en place des enquêtes internes sur le climat de travail, analysent les indicateurs d’absentéisme et de turnover, sensibilisent les managers aux signaux faibles de mal-être, coordonnent les démarches de santé au travail et accompagnent les projets de transformation organisationnelle.

Les responsables HRSE jouent également un rôle essentiel dans la conception de plans d’action concrets : programmes de formation au management bienveillant, dispositifs de reconnaissance, ateliers de prévention du stress, actions favorisant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ou encore développement de la culture du feedback. Leur objectif est de transformer les constats issus des enquêtes et baromètres en mesures opérationnelles capables d’améliorer durablement l’engagement, la santé et la performance collective.

Dans un contexte où la santé mentale devient un enjeu majeur de compétitivité et d’attractivité, les HRSE apparaissent désormais comme des acteurs clés de la performance durable des entreprises, à l’interface entre les ressources humaines, la direction, les managers et les collaborateurs.

Former les managers pour agir au quotidien

Les managers occupent une position centrale dans la prévention du stress et de l’épuisement professionnel.

Ils sont souvent les premiers à pouvoir détecter :

  • une baisse d’énergie ;
  • un désengagement progressif ;
  • une surcharge de travail ;
  • des tensions au sein de l’équipe ;
  • des difficultés de conciliation entre vie professionnelle et vie privée.

Former les responsables d’équipe à la reconnaissance, au feedback constructif, à la gestion de la charge de travail et à la prévention des risques psychosociaux permet d’agir en amont, avant que les difficultés ne se transforment en absentéisme ou en burn-out.

Notre approche : pragmatique, mesurable et adaptée aux réalités suisses

Chez CH Formation, nous accompagnons les entreprises dans le développement d’environnements de travail durables et performants.

Nos interventions s’articulent autour de plusieurs axes :

  • Formations managers sur la reconnaissance, le leadership et la prévention des risques psychosociaux ;
  • Ateliers collaboratifs favorisant l’écoute et la co-construction ;
  • Accompagnements RH sur mesure ;
  • Programmes de prévention de l’absentéisme ;
  • Mesure de l’impact des actions engagées à travers des indicateurs concrets.

Nos dispositifs tiennent compte des spécificités du marché suisse : multilinguisme, diversité culturelle, réalités cantonales et exigences sectorielles.

Une opportunité pour renforcer durablement la performance

Les résultats du Baromètre Conditions de travail 2025 ne doivent pas être perçus comme un constat alarmiste, mais comme un signal utile.

Les entreprises disposent aujourd’hui de nombreux leviers pour agir efficacement. Les organisations qui investissent dans la santé mentale, la qualité du management et la prévention des risques psychosociaux renforcent non seulement le bien-être de leurs collaborateurs, mais également leur attractivité, leur capacité de fidélisation et leur performance durable.

Sources

  • Travail.Suisse – Baromètre Conditions de travail 2025
  • Haute école spécialisée bernoise (BFH)
  • Union patronale suisse
  • SECO – Études sur les conditions de travail et les risques psychosociaux